Taxe de séjour : ce que le loueur collecte, déclare et reverse (Airbnb, meublé non classé, meublé classé)
Qui collecte la taxe de séjour quand vous louez en meublé, comment se calcule celle d’un meublé non classé, ce que fait la plateforme et ce qui reste à votre charge.
Par Nathan Metral, expert-comptable 8 min de lecture
Vous cherchez à payer ou à déclarer votre taxe de séjour ? Emet Expertise est un cabinet d’expertise comptable : nous ne percevons pas la taxe de séjour et nous n’avons pas accès à votre dossier. La déclaration et le paiement se font auprès du service taxe de séjour de votre commune ou de votre intercommunalité, dont les coordonnées figurent sur sa délibération ou sur son site.
Vous louez un logement meublé à des vacanciers, sur Airbnb, Abritel, Booking ou en direct. Chaque séjour fait naître une petite somme qui ne vous appartient pas : la taxe de séjour. Elle est due par le vacancier, mais c’est quelqu’un d’autre qui la collecte et la reverse, et selon la façon dont vous louez, ce quelqu’un est la plateforme ou vous. Cet article reprend dans l’ordre ce que le loueur doit savoir : qui collecte, combien, comment déclarer, et ce qui arrive si rien n’est fait.
Pour connaître le tarif voté dans votre commune, notre observatoire de la taxe de séjour donne la grille délibérée de chaque commune, catégorie par catégorie : tapez le nom de la vôtre dans le champ de recherche.
Qui collecte : la plateforme ou vous
La loi désigne la personne qui encaisse l’argent du séjour. Selon l’article L2333-33 du code général des collectivités territoriales (CGCT), la taxe est perçue par les logeurs, les hôteliers et les propriétaires, et par les plateformes qui sont intermédiaires de paiement pour le compte de loueurs non professionnels. Elle est perçue avant le départ du vacancier, même si le loyer est payé plus tard.
| Votre situation | Qui collecte et reverse |
|---|---|
| Loueur non professionnel, le vacancier paie sur la plateforme (Airbnb, Abritel…) | La plateforme, obligatoirement |
| Loueur professionnel, le vacancier paie sur la plateforme | Vous, sauf si vous avez habilité la plateforme à le faire |
| Le vacancier vous paie directement (virement, chèque, paiement à l’arrivée, site perso, Leboncoin…) | Vous |
| Plateforme qui met en relation sans encaisser le paiement | Vous, sauf si vous l’avez habilitée |
Deux conditions doivent donc être réunies pour que la plateforme s’en charge d’office : elle encaisse le paiement, et vous êtes loueur non professionnel au sens de l’article 155 du code général des impôts. Les plateformes reversent ce qu’elles collectent deux fois par an, au plus tard le 30 juin et le 31 décembre (article L2333-34 du CGCT).
Un point à vérifier dès maintenant : si une partie de vos réservations vient de la plateforme et une autre de clients en direct, les séjours payés en direct restent à votre charge. C’est le cas le plus fréquent d’oubli.

Combien : le meublé classé paie un tarif, le non classé un pourcentage
La commune (ou l’intercommunalité) choisit d’abord un régime pour chaque nature d’hébergement.
- Au réel, la taxe est due par personne et par nuitée réellement passée dans le logement.
- Au forfait, elle est due par l’hébergeur sur la capacité d’accueil du logement et le nombre de nuitées de sa période d’ouverture, qu’il soit occupé ou non, avec un abattement de 10 % à 80 % voté par la collectivité. L’hébergeur décide alors s’il la répercute dans son prix.
Au réel, le montant dépend ensuite du classement de votre meublé.
Meublé de tourisme classé (1 à 5 étoiles) : la commune vote un tarif fixe par personne et par nuitée pour chaque catégorie, à l’intérieur d’un barème national. Pour 2026, ce barème va par exemple de 0,20 € à 0,80 € pour une étoile, de 0,50 € à 1,70 € pour trois étoiles et de 0,70 € à 3,60 € pour cinq étoiles. Le tarif exact de votre commune est sur sa page de l’observatoire.
Meublé non classé ou en attente de classement : ce n’est pas un tarif mais un taux, voté entre 1 % et 5 %, appliqué au coût de la nuitée hors taxes par personne, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité (article L2333-30 du CGCT, dans sa version issue de la loi de finances pour 2025).
Un exemple, avec des chiffres choisis pour l’illustration :
| Étape | Calcul |
|---|---|
| Nuitée facturée, hors taxes | 120 € pour 2 adultes |
| Coût par personne | 120 € ÷ 2 = 60 € |
| Taux voté par la commune | 5 % de 60 € = 3,00 € |
| Plafond : tarif le plus élevé voté par la commune (exemple 4,80 €) | 3,00 € reste sous le plafond |
| Taxe additionnelle départementale, si elle est votée (10 %) | 3,00 € + 0,30 € = 3,30 € |
| Séjour de 4 nuits | 3,30 € × 2 personnes × 4 nuits = 26,40 € |
S’y ajoutent, selon le territoire, des taxes additionnelles : celle du département (10 %), et en Île-de-France deux taxes régionales (15 % et 200 %). À Paris, en 2026, le meublé non classé est taxé à 5 % du coût par personne et par nuitée hors taxes, auquel s’ajoutent ces trois taxes additionnelles. Des taxes additionnelles de 34 % existent aussi dans certains territoires traversés par de grands projets ferroviaires.
Ce que le classement change : un meublé classé paie un tarif fixe connu d’avance, souvent plus bas qu’un pourcentage sur un loyer élevé, et le classement modifie aussi votre imposition (abattement du micro-BIC de 50 % au lieu de 30 %). Notre comparateur micro-BIC ou réel pour les meublés de tourisme chiffre l’écart avec vos montants.
Qui ne paie pas
L’article L2333-31 du CGCT exonère quatre catégories de personnes :
- les mineurs ;
- les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune ;
- les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou d’un relogement temporaire ;
- les personnes qui occupent des locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par le conseil municipal.
Par ailleurs, la taxe est établie sur les personnes qui ne sont pas domiciliées dans la commune (article L2333-29). Un vacancier domicilié dans la commune n’en est pas redevable.
Déclarer et reverser : ce que la commune attend de vous
Quand c’est vous qui collectez, trois gestes reviennent à chaque période.
- Collecter avant le départ du vacancier, en portant le montant de la taxe sur la facture de la location.
- Déclarer à la commune ce que vous avez collecté. La déclaration porte, pour chaque séjour, la date de début du séjour, la date de la perception, l’adresse de l’hébergement, le nombre de personnes, le nombre de nuitées, le prix de chaque nuitée si le logement n’est pas classé, le montant de la taxe, le numéro d’enregistrement du meublé s’il en a un et, le cas échéant, les motifs d’exonération (article L2333-34, III).
- Reverser le montant au comptable public de la commune, aux dates fixées par sa délibération. Ces dates varient d’une commune à l’autre : beaucoup de collectivités proposent un téléservice de déclaration et de paiement, dont l’adresse figure sur leur site.
Même quand la plateforme collecte pour vous, gardez une trace de vos séjours : la commune peut vérifier les déclarations, et c’est vous qu’elle interrogera pour les réservations qui ne sont pas passées par la plateforme.

Ce que vous risquez en cas d’oubli
Les sanctions sont fixées par l’article L2333-34-1 du CGCT. Elles sont prononcées par le président du tribunal judiciaire, à la demande de la commune.
| Manquement | Amende |
|---|---|
| Déclaration absente ou en retard | 750 € à 12 500 € |
| Omission ou inexactitude dans la déclaration | 150 € par omission, 12 500 € au plus par déclaration |
| Taxe non perçue sur un vacancier | 750 € à 2 500 € |
| Taxe perçue mais non reversée | 750 € à 2 500 € |
Avant la prochaine saison : la liste à cocher
- Votre commune : quel régime (réel ou forfait), quel tarif pour votre catégorie, quel taux pour un non classé, quelles dates de reversement. Le tarif est sur l’observatoire, les dates sur la délibération de la commune.
- Vos canaux de réservation : lesquels encaissent le paiement pour vous, lesquels non. Tout séjour payé en direct est à collecter par vous.
- Votre statut : loueur non professionnel ou professionnel, ce qui décide si la plateforme collecte d’office.
- Le classement : un meublé classé change la taxe de séjour et votre imposition. C’est le moment de comparer, avec le comparateur micro-BIC ou réel.
- La CFE : louer en meublé y est soumis, dans la commune du logement, et l’avis arrive début novembre. La base minimum votée dans votre commune et les cas d’exonération.
Pour le reste de la fiscalité d’un logement loué aux vacanciers (taxe d’habitation, CFE, déclaration en mairie), notre article Louer sa résidence secondaire en meublé reprend chaque point.
Ce que le cabinet peut faire
La taxe de séjour se règle avec votre commune. Ce qui l’entoure se règle avec un expert-comptable : choix entre micro-BIC et régime réel, intérêt du classement, déclaration de début d’activité, suivi des encaissements par canal pour que les séjours payés en direct ne passent pas à travers, liasse annuelle et vérification des avis de CFE. Le détail de la mission est sur notre page expert-comptable LMNP.
Vous dirigez votre location, nous vous accompagnons sur tout ce qui est comptable et fiscal. Pour un premier échange, prenez rendez-vous avec le cabinet : nous vous disons ce qui s’applique à votre cas avant tout engagement.
Article rédigé par Nathan Metral, expert-comptable et fondateur d’Emet Expertise. Découvrir le cabinet.
Sources officielles (consultées le 2 octobre 2026)
- Article L2333-29 du CGCT (personnes redevables) : legifrance.gouv.fr
- Article L2333-30 du CGCT (tarifs, hébergements non classés, version en vigueur depuis le 16 février 2025) et article L2333-31 (exonérations) : legifrance.gouv.fr
- Articles L2333-33 à L2333-34-1 du CGCT (collecte, plateformes, déclaration, reversement, sanctions) : legifrance.gouv.fr
- Taxe de séjour : tarifs 2026, régimes réel et forfait, taxes additionnelles (page vérifiée le 1er janvier 2026) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Taxe de séjour, taxes additionnelles départementale, régionales et de 34 % : collectivites-locales.gouv.fr
- Évolution en 2026 de la taxe de séjour à Paris (18 décembre 2025) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Guide pratique des taxes de séjour, collecte par les plateformes (DGCL et DGE) : impots.gouv.fr
Les règles citées sont celles en vigueur à la date de publication. Les tarifs et les dates de reversement sont votés par chaque collectivité : vérifiez toujours la délibération de votre commune, ou rapprochez-vous de votre cabinet.
Cet article est fourni à titre informatif et à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour étudier votre situation, contactez le cabinet.