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Illustration éditoriale : Prix d’un expert-comptable pour une holding : ce que coûte un groupe chaque année
Gestion

Prix d’un expert-comptable pour une holding : ce que coûte un groupe chaque année

Holding passive, animatrice, intégration fiscale : ce qui fait varier les honoraires, les fourchettes du marché, et les coûts annuels que l’on oublie avant de créer la structure.

Par Nathan Metral, expert-comptable 8 min de lecture

« Combien va me coûter l’expert-comptable si je crée une holding ? » La question arrive souvent après la décision, alors qu’elle devrait venir avant. Une holding n’est pas une ligne de plus sur un organigramme : c’est une société de plus, avec ses comptes, sa liasse, son assemblée et ses options fiscales. Son coût annuel dépend moins de sa taille que de ce qu’elle fait.

Cet article donne les repères de prix du marché, explique ce qui les fait bouger, et liste les coûts annuels que l’on découvre souvent après la constitution.

Trois holdings, trois niveaux de travail

Derrière le mot « holding », il y a trois situations comptables très différentes.

SituationCe qu’elle faitCe que cela demande chaque année
Holding passiveDétient des titres, reçoit des dividendesComptes annuels, liasse, option mère-fille, assemblée
Holding animatriceAnime le groupe et facture des services à ses filialesEn plus : factures, TVA, conventions, souvent CFE et paie
Groupe intégré fiscalementUn seul impôt pour la holding et ses filiales à 95 % ou plusEn plus : résultat d’ensemble, retraitements, déclarations propres au groupe

La première ligne est la plus simple, et c’est déjà une comptabilité complète. Chaque ligne suivante ajoute un volume de travail qui se voit sur le devis. Le détail des régimes de groupe et de leurs obligations est exposé sur notre page expert-comptable holding.

Trois chemises bleues reliées par un ruban doré sur un bureau en bois clair, à côté d’un stylo et d’une calculatrice

Les fourchettes observées sur le marché

Les repères ci-dessous correspondent aux tarifs couramment affichés par les acteurs du marché, plateformes en ligne et cabinets confondus, pour un suivi annuel. Ce ne sont ni un barème, ni un engagement.

SituationFourchette indicative / an HT*
Holding sans activité, offre en ligneà partir de ~600 – 1 400 €
Holding passive, suivi en cabinet~1 800 – 3 600 €
Holding animatrice~3 600 – 7 200 €
Groupe avec intégration fiscale~6 000 – 12 000 €
Constitution de la holdingponctuel, sur devis

*Fourchettes relevées sur des offres et des guides tarifaires publics en septembre 2026, pour la holding seule. Elles ne comprennent ni la comptabilité des filiales, ni les comptes consolidés, ni les opérations exceptionnelles (rachat, apport de titres, cession). Elles ne remplacent pas un devis établi sur votre dossier.

L’écart entre une offre en ligne et un suivi en cabinet vient presque toujours du périmètre : un forfait qui produit la liasse d’une holding sans flux ne couvre pas la rédaction des conventions, le suivi des options ou un point annuel sur la remontée des dividendes. La manière dont se forment les honoraires en général est expliquée dans notre article combien coûte un expert-comptable en 2026.

Les cinq facteurs qui font bouger le devis

À catégorie identique, voici ce qui pèse réellement :

  • Le nombre de filiales. Chaque filiale, c’est une participation à suivre, des dividendes ou des avances à comptabiliser des deux côtés, et une comptabilité propre à tenir.
  • Les flux entre les sociétés. Dividendes, avances de trésorerie, prestations refacturées : chaque flux doit reposer sur un support écrit (décision d’assemblée, convention de trésorerie, contrat de prestation) et être rapproché dans les deux comptabilités.
  • La TVA. Une holding passive n’a en principe pas d’activité soumise à la TVA. Une holding animatrice qui facture des prestations à ses filiales la collecte et dépose des déclarations périodiques.
  • Les options fiscales. Le régime mère-fille et l’intégration fiscale ont des conditions à vérifier chaque année, et l’intégration impose un calcul de résultat d’ensemble.
  • Les opérations de l’année. Achat d’une société, entrée d’un associé, apport de titres, cession : ce sont des travaux ponctuels, facturés à part. Si la holding prépare une vente, notre page cession et transmission décrit ce que recouvre l’accompagnement.

Les coûts annuels qu’on oublie avant de créer la holding

L’honoraire de l’expert-comptable n’est pas le seul coût récurrent. Avant de constituer la structure, il faut compter :

  • Les comptes annuels et leur approbation. La holding établit un bilan, un compte de résultat et une annexe, fait approuver ses comptes par les associés et les dépose au greffe, même sans chiffre d’affaires.
  • La liasse fiscale. Soumise à l’impôt sur les sociétés, la holding dépose chaque année sa déclaration de résultat et sa liasse, télétransmises.
  • La CFE. Une société qui se borne à gérer son propre portefeuille de titres relève en principe de la gestion d’un patrimoine privé, hors du champ de la CFE. Une holding qui facture des services à ses filiales exerce une activité professionnelle : elle devient redevable, souvent sur la base minimum fixée par la commune. Les montants de base minimum, commune par commune, figurent sur notre observatoire de la CFE.
  • Le compte bancaire et les frais juridiques : banque de la holding, secrétariat juridique annuel, éventuel commissaire aux comptes si les seuils sont franchis.

Un dirigeant et une experte-comptable comparent deux jeux de comptes annuels sur un bureau

Ce que la holding change pour vos sociétés

Le prix n’a de sens que rapporté à ce que la structure apporte. Trois règles fiscales sont au cœur du calcul, et chacune a ses conditions.

Le régime mère-fille. Une société qui détient au moins 5 % du capital d’une filiale, et conserve les titres au moins deux ans, peut opter pour ce régime : les dividendes reçus sont exonérés d’impôt sur les sociétés, à l’exception d’une quote-part de frais et charges de 5 %, ramenée à 1 % au sein d’un groupe fiscalement intégré. C’est une option, à formaliser et à suivre, pas un effet automatique de la détention.

L’intégration fiscale. Lorsque la holding détient 95 % ou plus du capital d’une filiale, elle peut devenir seule redevable de l’impôt sur les sociétés du groupe, en compensant les bénéfices des uns avec les déficits des autres. L’option vaut cinq exercices, les sociétés doivent clôturer aux mêmes dates, et elle se notifie avant la date limite de dépôt de la déclaration de résultat de l’exercice qui précède.

Le taux réduit d’impôt sur les sociétés. Le taux de 15 %, dans la limite de 42 500 € de bénéfice, suppose un capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, directement ou par l’intermédiaire de sociétés qui remplissent elles-mêmes cette condition. Il suppose aussi un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 10 millions d’euros, et l’administration retient désormais, pour une société membre d’un groupe, le chiffre d’affaires de l’ensemble du groupe, à la suite d’une décision du Conseil d’État. Un montage mal construit peut faire perdre le taux réduit à une filiale qui en bénéficiait.

Les conditions détaillées et les valeurs en vigueur se vérifient sur les sources officielles citées en bas de page. Nous les appliquons à votre groupe avant toute option.

Comparer deux devis pour une holding

La lettre de mission fixe le périmètre et les honoraires. Les questions qui font apparaître les vrais écarts :

  • Le devis couvre-t-il la holding seule, ou aussi les filiales ?
  • Le suivi des options (mère-fille, intégration fiscale) est-il compris ?
  • La rédaction ou la mise à jour des conventions (trésorerie, prestations) est-elle incluse ?
  • Les déclarations de TVA sont-elles comprises si la holding facture ses filiales ?
  • Que coûte une opération exceptionnelle : acquisition, apport de titres, entrée d’un associé ?
  • L’assemblée annuelle et le dépôt des comptes au greffe font-ils partie de la mission ?

Chiffrer avant de constituer

Le bon moment pour poser la question du prix, c’est avant la constitution : on sait alors ce que la holding coûtera chaque année, et ce qu’elle doit apporter pour le justifier. Décrivez-nous votre projet et vos sociétés ; nous vous remettons une proposition poste par poste, avant tout engagement, dans le cadre de notre mission holding et comptabilité de groupe.

Pour un premier échange, prenez rendez-vous avec le cabinet.

Emet Expertise est une société d’expertise comptable inscrite au tableau de l’Ordre des experts-comptables d’Île-de-France.


Article rédigé par Nathan Metral, expert-comptable et fondateur d’Emet Expertise. Découvrir le cabinet.

Sources officielles

Les fourchettes citées sont des repères de marché indicatifs et ne constituent pas un barème. Les règles fiscales mentionnées évoluent : vérifiez toujours la version en vigueur sur les sources officielles, ou rapprochez-vous de votre cabinet.

Cet article est fourni à titre informatif et à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour étudier votre situation, contactez le cabinet.

Questions fréquentes

À retenir sur ce sujet

Une holding doit-elle avoir un expert-comptable ?
Aucun texte ne l’impose. Mais une holding est une société à part entière : elle tient une comptabilité, établit des comptes annuels, dépose une liasse fiscale et fait approuver ses comptes chaque année, même sans chiffre d’affaires. Les options fiscales de groupe (régime mère-fille, intégration fiscale) ajoutent des conditions à suivre dans la durée.
Combien coûte la comptabilité d’une holding passive ?
Les offres en ligne affichent des tarifs à partir d’environ 50 € HT par mois pour une holding sans activité. Les fourchettes publiées pour un suivi en cabinet vont couramment de 1 800 à 3 600 € par an pour une holding passive simple. Le devis dépend du nombre de filiales, des flux entre les sociétés et des options fiscales retenues.
Pourquoi une holding animatrice coûte-t-elle plus cher ?
Parce qu’elle a une activité : elle facture des prestations à ses filiales, collecte la TVA sur ces factures, emploie parfois du personnel et relève en principe de la CFE. Chaque flux doit reposer sur une convention et une facturation réelle. Le volume d’écritures et de justificatifs n’a rien de comparable avec une holding qui se contente de détenir des titres.
Le régime mère-fille est-il automatique ?
Non, c’est une option. Il suppose de détenir au moins 5 % du capital de la filiale et de conserver les titres au moins deux ans. Les dividendes reçus sont alors exonérés, à l’exception d’une quote-part de frais et charges de 5 %, ramenée à 1 % au sein d’un groupe fiscalement intégré.
Une holding paie-t-elle la CFE ?
Une société qui se borne à gérer son propre portefeuille de titres relève en principe de la gestion d’un patrimoine privé, qui n’entre pas dans le champ de la CFE. Dès qu’elle rend des services facturés à ses filiales, elle exerce une activité professionnelle et devient redevable, souvent sur la base minimum faute de locaux propres. La frontière s’apprécie au cas par cas.
La filiale d’une holding garde-t-elle le taux réduit d’impôt sur les sociétés ?
Seulement si le capital reste détenu, directement ou par l’intermédiaire de sociétés qui remplissent elles-mêmes les conditions, à 75 % au moins par des personnes physiques, et si le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros. Pour une société membre d’un groupe, l’administration retient désormais le chiffre d’affaires de l’ensemble du groupe.

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